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Hélène Pavie et Hélène Chebroux, deux citoyennes très impliquées dans le développement durable à plusieurs niveaux, ont été les invitées d’honneur du cours de Gestion et Développement Durable de l’ESG-UQAM, donné par Juste Rajaonson, chargé de cours, ce lundi 11 mars 2019.

L’objectif de l’intervention était d’exposer aux étudiants le côté pratique du développement durable. Au-delà de l’aspect théorique, comment la gestion du développement durable se matérialise ? Par leurs expertises et valeurs en développement durable, Hélène Pavie et Hélène Chebroux ont abordé la question à travers ce qu’elles connaissent le mieux : les modèles d’affaires.

  • Comment s’intègre le développement durable à une entreprise ou à un projet ?
  • Quels enjeux cela pose-t-il ?
  • Quels sont leurs conseils à donner à des étudiants voulant se partir en affaires dans le développement durable ?
  • Quoi retenir pour poursuivre des objectifs à vocation environnementale ?

Hélène et Hélène se sont rencontrées en 2016 à la Jeune Chambre de Commerce de Montréal, toutes deux étant bénévoles au département Développement Durable et Responsabilité Sociale de l’Entreprise au sein de celle-ci. Elles ont travaillé sur plusieurs projets, et notamment celui de certifier comme éco-responsables deux évènements principaux de la JCCM, soit le 6@8 DD (Développement Durable) et le Gala Arista, qui récompense de jeunes gens d’affaires pour leurs accomplissements. Entre autres, elles ont aussi contribué à mettre sur place une politique DD à l’interne à la JCCM, et ont aussi assisté le projet Eco-Leader, programme d’ateliers courts et ciblés ayant pour but d’outiller de jeunes leaders d’affaires (salariés, intrapreneurs ou entrepreneurs) motivés par des objectifs concrets en développement durable et responsabilité sociale.

Les deux jeunes femmes, de par leur parcours baignant très rapidement dans le développement durable, ont donc pour vocation de partager leur expérience avec la relève d’affaires.

 

L’éco-courtage ou comment révolutionner une industrie traditionnelle

Pour Hélène Chebroux, détentrice d’une Maîtrise en Management HEC Montréal (elle a publié un mémoire sur les entrepreneurs en développement durable) et courtier immobilier à Via Capitale du Mont-Royal, seule agence offrant la possibilité aux courtiers immobiliers d’être certifiés éco-courtiers, le développement durable s’est intégré comme une évidence directement à son plan d’affaires. En effet, son modèle d’affaires est basé sur cette même certification, lui permettant de se démarquer directement par rapport à sa concurrence, mais aussi et surtout de proposer un service de courtage immobilier différent, novateur et calqué sur ses propres valeurs à elle.

Elle explique que cette certification permet aux clients de bénéficier de conseils écologiques, que ce soit relativement aux matériaux utilisés dans la fabrication d’une maison, pour calculer l’efficacité énergie d’une propriété, ou encore être informé des dernières tendances sur les projets neufs certifiées LEED. Ses conseils s’étendent également à la rénovation écologique, et aux subventions gouvernementales notamment. C’est un angle d’approche résolument dans son temps et nécessaire, selon elle.

Elle explique également que cette certification permet aux clients qui ‘’consomment’’ son service de courtage immobilier d’être sûrs de faire affaire avec quelqu’un qui a les mêmes valeurs d’éthique, de transparence, d’intégrité, de confiance mutuelle, et qui en plus possède une charte à l’interne ayant pour objectif de réduire les GES (pas ou peu d’utilisation de papier, pas de voiture donc déplacements en vélo ou auto-partage, etc..). Elle est donc éco-responsable, et la façon dont elle se positionne et gère son business, attire en grande partie les mêmes clients qui consomment des produits alimentaires bio en allant faire leur épicerie, par exemple. Elle constate que les gens cherchent beaucoup plus à acheter une expérience, de nos jours, et surtout de savoir où va leur argent, obtenir une réelle traçabilité et l’assurance d’encourager les bonnes pratiques qui résonnent avec leurs propres valeurs. C’est pourquoi Hélène fait également affaire avec des fournisseurs, pour son marketing ou sa publicité, qui sont des PME locales, montréalaises pour la plupart, et qui ont à cœur l’environnement, comme elle. La cohérence entre le produit ou le service que l’entreprise offre et ses valeurs à l’interne est selon elle une des raisons principales pour lesquelles le client s’oriente vers une entreprise plutôt qu’une autre.

Œuvrer en développement durable, c’est une volonté de changer les choses, le statu quo. Elle se positionne donc comme acteur du changement, de manière évidente, mais elle croit surtout que chacun doit faire ce qu’il peut, à son niveau et avec conviction, plutôt que de poser des initiatives sous la contrainte, bien que certaines règlementations de base soient évidemment nécessaires et justifiées.

Le développement durable au cœur des modèles d’affaires

Pour sa part, Hélène Pavie, également détentrice d’une Maîtrise en environnement à l’UQAM et consultante en stratégie pour la PME de services-conseil Espace Stratégies, est allée dans une approche à 360 degrés. Comment le développement durable s’applique dans les organisations publiques ? Les entreprises privées ? Les projets des organisations ? Par divers exemples concrets d’organisations et de projets, Hélène démontre que le développement durable est avant tout une question de valeurs au cœur de choix organisationnels. Ces choix sont aujourd’hui parfois si naturels au point même d’en oublier que par le fait même qu’il s’agit de pratiques « durables » et deviennent en quelque sorte « normaux ».

Elle précise tout de même que la dimension pécuniaire et la rentabilité restent indissociables des choix de l’entreprise privée, qui navigue dans une réalité dont elle ne peut se détacher. Par contre, ses décisions ne se font plus seulement en fonction d’une simple dimension de rentabilité, et au détriment du reste. L’entreprise questionne encore plus aujourd’hui ses décisions d’affaires en fonctions de dimensions « durables », « responsables » ou « humaines ». Au final, l’entreprise cherche à aligner ses choix selon ses propres valeurs. C’est là qu’un paradigme intéressant prend racine, où le développement durable est alors intégré au cœur même des modèles d’affaires d’entreprises. Plus qu’une question de transversalité, la notion de développement durable prend naissance dans la création même de l’entreprise. Le développement durable comme levier d’innovation prend alors tout son sens et se multiplie sous une panoplie de nouvelles dimensions. L’entreprise ne cherche plus aujourd’hui à être seulement durable, mais aussi responsable, sociale, éthique, humaine, collective.

 

 

Auteures :

Hélène Chebroux

Hélène Pavie